Rallye WRC Europe 2025 : la boue comme juge de paix et l’avenir déjà en marche

Le championnat du monde des rallyes (WRC) fait halte ce week-end pour le très attendu Rallye d’Europe, une manche aussi imprévisible que stratégique.
Le shakedown et des spéciales débutent dès jeudi, offrant aux équipes une première opportunité d’ajuster les réglages avant les spéciales piégeuses des jours suivants.
Vendredi : les spéciales 5 et 6, le juge de paix selon Neuville
Thierry Neuville n’a pas mâché ses mots : les spéciales n°5 et n°6, disputées vendredi, seront les véritables juges de paix de ce rallye. Très boueuses, elles devraient limiter les écarts liés aux conditions de passage. « Ce sera là que tout se jouera », a confié le Belge, conscient que la gestion de l’adhérence et des trajectoires pourrait faire la différence entre victoire et déception.
Ott Tänak mise sur la fiabilité
Côté Hyundai, Ott Tänak a choisi de rouler avec la spécification 2024 de la Hyundai i20 Rally1. Un choix que certains jugent prudent, mais le pilote est convaincu que cette version, plus stable sur l’asphalte humide, sera mieux adaptée aux conditions incertaines du week-end. La stratégie semble claire : miser sur la fiabilité avant la performance brute.
Hyundai regarde déjà vers 2026
Le constructeur coréen prépare l’avenir. En marge du rallye, Hyundai Motorsport a officialisé l’arrivée d’Andrew Wheatley comme Sporting Director, un renfort stratégique pour bâtir la structure qui visera la saison 2026.
Cette nomination s’inscrit dans une logique à long terme : consolider le développement technique, renforcer la gestion interne et préparer l’évolution du programme Rally1. Hyundai affiche ainsi sa volonté d’être plus compétitive et mieux structurée après une saison 2025 en demi-teinte.
Le souvenir des Canaries, une leçon utile
Le Rallye des Canaries, disputé plus tôt dans l’année, avait laissé un goût amer à Hyundai : l’équipe y avait été dominée sur asphalte sec. Mais le profil du Rallye d’Europe est radicalement différent : alternance de portions sales, zones forestières, et conditions glissantes.
Cette fois, Hyundai espère transformer ses faiblesses passées en atouts. Les ingénieurs ont longuement travaillé sur les suspensions et la gestion thermique pour maximiser la motricité sur terrain gras.
Ogier, le renard toujours à l’affût
Sébastien Ogier, en pleine lutte pour le titre mondial, arrive dans ce rallye avec la sagesse du renard de surface. Son expérience, sa science du rythme et son sens du placement font de lui un candidat naturel à la victoire.
Ogier sait mieux que quiconque quand attaquer… et quand simplement rester sur la route. Dans des conditions où l’erreur coûte cher, cela pourrait être la clé.
Rovanperä, entre présent et futur
Kalle Rovanperä continue d’impressionner malgré une saison en demi-teinte. Le jeune Finlandais a annoncé qu’il quitterait le WRC à la fin de la saison pour rejoindre la Super Formula japonaise en 2026, un choix audacieux qui témoigne de sa curiosité pour la course sur circuit.
Cette transition inédite, du rallye vers la monoplace, attire les regards : peu de pilotes ont osé un tel pari. Reste à voir si cette ouverture vers un nouveau monde n’altérera pas sa concentration lors des spéciales les plus piégeuses de ce week-end.
Article de Matthieu de Sendrogne